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Le
shogun et son fils.
Pour
le mois d’octobre, j’aimerais vous raconter une petite histoire inspirée
d’une situation qui est survenue il y peu de temps. Bien sûr, j’y ai exagéré
les circonstances et les réactions des personnages. Mais je suis certain que
vous comprendrez le message qui s’y cache. Mon
histoire se passe au Japon, bien avant que votre arrière grand père ne sois
dans les projets de ses parents. Un puissant shogun, dont le nom m’échappe,
aimait beaucoup la guerre. Celui-ci y avait consacré toute sa vie et,
naturellement, il voulait que son fils suive ses traces. Ce dernier avait un
tout autre avis. Lui, aimait le théâtre et la musique. Il n’avait que faire
de la guerre et même de tout ce qui était plus physique que la danse.
Son père décida tout de même d’en faire un guerrier et cela peut
importe le prix. Il
fit venir les plus grands maîtres du temps pour qu’ils enseignent l’arts de
la guerre à son fils. Des maîtres d’épées, de tir à l’arc, du combat à
cheval etc. Tout ce dont un jeune homme dans la force de l’âge avait besoin
pour devenir un grand guerrier. Pourtant, malgré tous les efforts du jeune homme et de ses
maîtres, celui-ci ne progressait pas ou du moins, très peu. Le shogun voyant
cela fit exécuter les maîtres qui selon lui, avaient failli à leur taches. Il
paya de vastes sommes d’argent en armes de grande qualité, en armures
et tenues somptueuses. Le shogun lui-même n’était pas aussi bien équipé.
Mais son fils restait toujours aussi peu enthousiasme et talentueux à la chose.
Le shogun fit alors quérir de Chine le plus grand maître d’Asie. Il menaça
le vieil homme de détruire son temple s’il ne lui donnait pas satisfaction et
lui dit : « Vieil homme, je veux que tu enseignes les meilleures
techniques que tu possèdes, je payerai ce qu’il faudra ». Le
vieux maître obéi alors. Un an plus tard, il revint devant le shogun pour présenter
les résultats de son travail. Le jeune homme s’était beaucoup amélioré. Il
maîtrisait bien toutes les armes nécessaires et montait le cheval avec une
certaine habileté. Il ressemblait en tout points aux grands samurais forts et
fiers. Le shogun remercia le maître et le fit couvrir d’or et de pierres précieuse
puis annonça. «
Mon fils, tu est maintenant samurai, tu partiras donc à la tête de mon
armée conquérir les terres de
l’ouest. Ne reviens pas sans résultats.» Le
fils parti, résigné à faire honneur à son père. Quelques semaines plus tard
il revint, mais malheureusement mort. Aux premières lueurs de la bataille
celui-ci avait perdu la tête, perdant ainsi le contrôle de sa monture. Puis
dans une chute fatale, s’empala de son propre sabre, celui-là même que son père
lui avait offert et qu’il n’avait pas réussi à rengainer tellement il
avait peur. Le
shogun, prit d’une peine inconsolable et d’une rage meurtrière, parti avec
toute son armée au monastère du vieux moine. Une
fois rendu aux portes du temple, ils découvrirent le vieil homme qui les
attendait. Le shogun lui adressa la parole « Tu m’as trahi, tu n’as
pas montré toutes les techniques promises. Maintenant mon fils unique est mort
et cela par ta faute. Pour cela, toi et tes semblables périrez de nos sabres ». Le
vieux moine leva la main et dit : « shogun, je suis attristé par la
mort de ton fils, mais la faute de sa mort n’en revient qu’a toi. » Le
shogun ahuri, mais curieux
d’entendre l’homme avant de le tuer, lui fit signe de continuer. «
Tu as payé de vastes sommes d’argent pour que ton fils apprenne à se battre
comme un guerrier. Tu lui as acheté toutes les meilleures armes et armures du
monde. Pourtant tu as négligé une. « Quoi
donc ?» demanda le shogun de plus en plus curieux « Bien
qu’il ait eut toutes les meilleures techniques, il n’était pas fait et
n’avait pas la volonté d’être un samurai, et ça, tout l’or de ce monde
ne peux l’acheter. Aujourd’hui il est mort et rien, surtout pas l’argent
ne vous le ramènera » Le
shogun, atterré pas cette réalité, reparti avec son armée et ne revint
jamais embêter le vieux moine. Fin De
manière moins importante, nos ceintures jaune ou noire, sont un peu comme ce
que désirait tant le shogun. Elles sont bien plus que de simples morceaux de
tissu qu’il nous suffit de payer pour en obtenir les mérites. Ni l’argent,
ni les menaces ne me feront jamais changer d’avis. Une ceinture se mérite par
nos actions et nos efforts. Non par un nombre de sessions ou de cours prédéterminé. Je
souhaite ardemment ne plus jamais avoir à revivre que quelqu’un veuille me
forcer à passer des ceintures lorsque je sais pertinemment qu’elle n’est
pas suffisamment prête, et ce, à coups de menace ou d’argent. Le Namaki ryû
a son honneur et tant que je vivrai, je me battrai pour le préserver. Si
certaines personnes ne peuvent comprendre cela, alors qu’ils nous quittent.
Par contre, je dois bien le dire, il est très rare que de tels événements
arrivent, heureusement. Nous avons, pour la très grande majorité, de très
bons élèves en qui nous sommes tous très fier. Sur
ce, portez-vous bien.
O-Sensei Anthony Morin
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