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  LES AUTODÉFENCES

 

Bon mois de novembre à tous!

En ce mois terne et sombre, joyeusement appelé le mois des morts , j’aimerais vous entretenir sur un sujet un peu controversé sois les autodéfenses.

Certains diront « Bon ... senseï est en manque de saké… qui y a-t-il de controversé là dedans. » à ça je répondrais peut-être « Non ça va, j’ai tout le saké dont j’ai besoin! » Ou bien je pourrais aussi m’expliquer sur le terme controversé.

Certaines écoles préconisent une approche directe et pour le moins efficace. D'autres jurent que par les clés et par les soumissions. D'autres apprécieront les deux approches, mais seront un peu excessifs dans leur manière d’agir. En autodéfense comme dans bien d’autres domaines relatifs aux arts martiaux, l’opinion personnelle des maîtres et autre dirigeant peut varier de beaucoup. Il est difficile pour un pratiquant de karaté Kyokushinkai d’avoir la finesse et les techniques non destructives de l’aïkido. Et à l'inverse, un aïkidoka peut avoir de la difficulté à ressentir le besoin de savoir frapper efficacement.  Aucune idéologie ou technique n’est une vérité absolue, et surtout pas la mienne ou celle du Namaki ryû. Mais ensemble, essayons de mieux comprendre la raison d’être de chacune des grandes lignes qu’est le monde de l’autodéfense.

Premièrement : frapper

Probablement la méthode la plus répandue. Simple et très efficace, elle est sans conteste la voie la plus directe pour sa survie. Malheureusement dans notre monde moderne, cette dernière peut nous apporter son lot de problèmes.  Poursuite judiciaire et les frais y étant rattachés. Voir même la prison. La ligne est très mince entre la simple défense et l’attaque. En fait, il ne suffit que d’une frappe de trop et nous nous transformons en agresseur. Seules les années d’entraînement peuvent aider le pratiquant à bien doser sa force et les techniques déployées lors d’une agression. Et encore là, il est difficile de s’y préparer adéquatement, car il est difficile de recréer au dojo l’adrénaline et les contextes très variables d’une véritable attaque.

 

Deuxièmement : les clés ou soumissions 

Certains styles ou écoles se réservent exclusivement aux techniques de clés, soumissions et projections . En autodéfense, elles sont une voie, si je peux m’exprimer ainsi, moins offensive, puisque le but de ces techniques est de justement contraindre l’adversaire à abandonner sans (ou presque) sans frapper. Dans l’optique auto protection contre d’éventuelles poursuites judiciaires, ces dernières sont assurément mieux adaptées. Par contre , du côté de l’efficacité , elles sont plus difficiles à appliquer, mais non impossibles. L’éventail de techniques doit être beaucoup plus large que celui des frappes. Étant donné le principe de résistance que l’agresseur opposera à la technique de clé, le pratiquant n’aura nul autre choix que de se tourner vers d’autres techniques.

 

Troisièmement : Le mélange des deux premier principes.

À mon sens, la meilleure voie. Malgré tout, il faut savoir doser et bien proportionner le pourcentage de chacun. Pour ma part, j’aime beaucoup le ratio 25 % de chaque.

1 : Blocages ou déviation (avec saisie ou non)

2 : frappe (avec saisi ou non).

3 : projection (au sol ou non)

4 : techniques de soumission.

 

Dans la pratique des autodéfenses, certains styles ou écoles pratiquent étrangement la « défense excessive ». Une attaque simple, un blocage parfois deux, environ quatre à cinq techniques consécutives de frappes et le tout généralement terminer par un technique de soumission, et parfois suivis, comme si ce n’était pas assez, d’une frappe que je qualifierais de finition. S’il n’est pas mort , en tout les cas l’agresseur ne sera pas fort! Est-ce bien nécessaire ?

Il y a aussi l’excès de force, très malheureusement présente dans plusieurs écoles.  Frappes aux points vitaux pour des raisons obscures, à la gorge, aux yeux. J’ai déjà vu, dans un style de karaté dont je tairai le nom, une technique d’autodéfense qui consistait à sauter à pieds joints dans le visage l’agresseur, celui-ci déjà projeté au sol et sans grande défense. Tout ça pour qu’elle raison? un coup de poing direct au visage. Relisez bien la dernière phrase… malheureusement, vous avez bien lu. Pour un simple coup de poing direct au visage, il est proposé aux ceintures vertes de ce style, de tuer ou très grièvement blesser leurs assaillants.  C’est immoral, c’est une véritable honte pour le monde des arts martiaux. Les arts martiaux doivent être au service de la justice et non de la vengeance.  Certains diront : C’est normal, le karaté à la base a été inventé pour se défendre contre des attaques mortelles. Attention! Je n’ai pas dit qu’elle était mauvaise, au contraire. Pour tuer quelqu'un, elle est très efficace. Ce que je trouve d’immoral c’est qu’on enseigne cette technique 1 : dans le cadre d’autodéfense. Et de 2 à des ceintures noires nidan et moins. Ce n’est pas de l’autodéfense, ce sont des techniques de guerre utilisables certes, mais en cas d’extrêmes nécessités. Elles doivent être enseignées, mais exclusivement à des personnes ayant les bagages psychologiques assez fort pour juger de la gravité de la technique. Ces techniques devraient être enseignées uniquement aux gens de confiance (en guise d’exemple :à de hauts gradés)et ne devraient être enseignées que par quelques senseïs très hauts gradés. Et non par Bob ceinture marron à Morris ceinture orange.

Il est possible que votre agresseur soit du type très agressif pouvant  encaisser les coups comme un boxeur professionnel. Mais notre but ultime n’est-il pas plutôt la dissuasion de poursuivre le combat? Généralement une, voir, deux techniques au plus, est suffisantes pour dissuader quelqu’un de poursuivre le combat. Le dialogue ne reste-t-il pas le moyen le plus sage? Quel mérite y a-t-il de frapper quelqu'un jusqu'à ce qu’il ne bouge plus, et même au-delà? Pourquoi ne pas utiliser la soumission tout de suite après la première technique défensive? De cette manière, l’agresseur est moins en mesure d’opposer de résistance à la clé. De plus en gardant l’agresseur en soumissions, il pourra éviter de se faire frapper et de frapper en attendant les secours. Plusieurs styles comme l’aïkido procèdent déjà de cette manière.

Par contre, les styles comme l’aïkido ou le judo et même plusieurs styles de karaté présentent des attaques absolument irréalistes. Par tradition? Peut-être! Mais lorsqu’on parle d’autodéfense et uniquement de ce sujet, est-ce que nous nous défendons d’un adversaire de l’époque féodale ou bien contre un adversaire extrêmement présent? La réponse est simple, alors pourquoi s’entêter à pratiquer des techniques qui ne pourront pas servir à notre époque? Certains diront : pour pratiquer les techniques et automatismes qu’elles renferment! Oui, c’est un bon argument. Mais travailler des automatismes de défense sur de mauvaises attaques est un peu comme un patineur artistique qui se serait entraîné sur du Mozart, et qu’une fois rendu aux olympiques, sa musique est devenue du thrash métal full blood. Le tempo, le rythme… rien ne fonctionnerait exceptés la technique et les automatismes. C’est pourquoi il est fondamental de pratiquer les autodéfenses avec le plus de réalisme possible.

Pour ceux que ça intéresse voila ce que je suggère à la lumière des différentes observations ci hautes mentionnées.

Pourquoi ne pas trouver les thèmes généraux des attaques, uniquement celle-ci et naturellement relative aux niveaux des pratiquants. Ensuite, laissez les élèves et les professeurs explorer les différentes variations des attaques au sein du même thème. À partir des différentes attaques découvertes viennent différentes techniques ou bien avant différent réflexe de base pour chacune des attaques.

C’est évidemment beaucoup plus dur à classifier et à enseigner. Mais si la mécanique humaine et celle du combat sont bien maîtrisées par les enseignants. Il ne devrait y avoir aucun problème. 

Développer L’individualité, la personnalisation des techniques et mécanismes de défenses face à des attaques uniques et spontanées. Mais aussi travailler en répétition pour développer les réflexes d’autodéfenses. Voilà ce que je propose.

 Pour atteindre ces buts un peu contradictoires, il suffit que les pratiquants travaillent régulièrement la même technique d’attaque, et ce, avec le plus de partenaires différents possible, tout en variant les facteurs reliés à ladite attaque. Les automatismes et réflexes sont ainsi créés, et l’éveil sur la diversité technique et la spontanéité le sera tout autant. 

Sur ce, portez-vous bien

Et encore bon mois des morts… brrrrrrr

 

O-Senseï Anthony Morin


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Dernière modification : 28 août 2008